CONIOPHORE DES CAVES

TRAITEMENT DU CONIOPHORE EN CURATIF

Le traitement curatif du coniophore est l'affaire de spécialiste et doit être effectué avec beaucoup de soins, car il faut déterminer avec une très grande précision les zones de contamination du coniophore pour éviter tout redémarrage du coniophore.

En raison du mode de vie des champignons et de la grande diversité des constructions, il est indispensable d'effectuer une visite approfondie des lieux et d'évaluer l'étendue du traitement à prévoir contre le coniophore.

Dans le cadre de toute intervention, il est nécessaire de procéder aux mises « hors d'eau » et de rétablir ou de créer des conditions d'hygiène normales de la construction. Par la suite, celles-ci devront être maintenues.

Le traitement du coniophore ne pourra être mis en œuvre qu'à la suite d'un certain nombre de vérifications et opérations :

- recherche et suppression de la cause d'humidité,
- dépose des revêtements imperméables qui pourraient recouvrir parquets, plancher, parois, etc.,
- réalisation d'une ventilation efficace.

Si ces mesures ne sont pas prises, le traitement contre du coniophore ne peut pas être garanti.

La technique de traitement développée ici est spécifique aux agents de pourriture cubique tels que le coniophore, ayant des cordonnets se ramifiant sur un large périmètre autour du bois dégradé, notamment sur ou dans la maçonnerie. C'est pourquoi le traitement concerne les bois, les murs et les sols.

Les autres agents de pourriture rencontrés se développent là où l'humidité est anormale, ce qui évite les interventions sur la maçonnerie. Cependant, dans la mesure où ce genre de champignon est présent, il peut être prudent de prendre en compte le risque d'un développement ultérieur du coniophore, et d'effectuer préventivement le traitement d'un périmètre de sécurité sur les maçonneries sur un mètre environ autour des bois attaqués.

Les opérations qui constituent un traitement fongicide doivent être effectuées dans les parties présentant des traces apparentes d'attaque du coniophore, mais également dans les parties contiguës, jusqu'à une distance minimale d'un mètre environ autour des bois attaqués par le coniophore

Le traitement contre du coniophore comprend donc :

- la préparation du traitement,
- le traitement du sol, des murs et des maçonneries,
- le traitement des bois.

La préparation du traitement pour stopper la progression du coniophore

Il s'agit dans un premier temps de déposer tout revêtement masquant les surfaces au sol, les maçonneries et les bois à protéger, tels que les linoléums, les moquettes ou les tissus.

Le traitement du sol, des murs et des maçonneries pour éradiquer le coniophore

Les étapes sont les suivantes pour traiter le coniophore:

- Enlever l'ensemble des revêtements qui cachent les murs et les maçonneries par piquage des plâtres ou des enduits, décrépissage, etc.
- Inspection et destruction des petits éléments de bois, de calage ou de fixation, encastrés dans les murs. Si petit soit le morceau de bois, il est essentiel de le retirer de la maçonnerie afin d'éviter une nouvelle infestation, mai aussi pour ne pas occasionner d'incendie par combustion lente du bois après le brûlage.
- Brûlage (à la lampe à souder, au chalumeau) de sol, des murs et des maçonneries, afin de détruire tout organe du champignon : fructifications, filaments mycéliens, etc.

Traitement en profondeur pour tuer le coniophore

En effet, compte tenu de l'importance de leur pénétration dans les murs ou maçonneries, les organes de champignons (le coniophore) risquent de ne pas être complètement détruits par le brûlage.

Ce traitement est alors réalisé par remplissage d'un produit fongicide dans les puits forés préalablement. Ceux-ci sont percés suivant un quadrillage (carrés de 50cm de côté au plus) sur toute la surface à traiter.

Dans le cas où les injections sont disposées sur plusieurs lignes et/ou de part et d'autre d'un mur, il est souhaitable que les percements soient pratiqués en quinconce. La profondeur des trous doit être égale aux deux tiers au minimum de l'épaisseur des murs et maçonneries.

Lorsqu'il s'agit de murs appareillé (parpaings, briques pleines, etc.), les injections doivent être faites dans les joints. Pour les briques creuses, les parpaings creux, le but est d'infiltrer du produit dans la masse du matériau, sans remplir les cavités.

Traitement en surface contre le coniophore

Les sols non maçonnés sont traités par épandage de produit. Les murs et maçonneries, une fois brûlés et injectés, subissent une application de surface abondante.

LE TRAITEMENT DU BOIS - RENFORCEMENT- REMPLACEMENT

Bûchage contaminé par le coniophore

Toutes les parties de bois attaqués et affaiblis doivent être éliminées au moyen du bûchage. Les abouts de solives, de sommiers, de poutres ou de poteaux encastrés dans la maçonnerie doivent être sectionnés à chaque fois qu'ils présentent un affaiblissement mécanique lors de sondage. Les boiseries, les huisseries de portes ou les dormants de fenêtres atteints par le coniophore doivent être remplacés. Certaines essences de bois offrent une durabilité naturelle suffisante et, dans ce cas, un bon brossage du mycélium de champignon sur les surfaces ensuite traitées peut suffire.

Renforcement ou remplacement des éléments infestés par le coniophore

Les éléments dont les caractéristiques se révèlent insuffisantes doivent être renforcés ou remplacés à l'aide de bois préalablement traité classe 2 à 4 selon les conditions d'exposition (voir la norme EN 335).

Le traitement chimique considère toutes les parties de bois décapées, celles doublées ou remplacées, celles en liaison avec les murs et les sols, et celles intactes adjacentes sur un mètre à partir des zones atteintes par le coniophore.

Traitement en profondeur contre le coniophore

Il se fait par injection d'un produit fongicide en solvant organique dans des puits préalablement forés, sur des éléments de moyenne à forte section, quelle que soit leur essence, particulièrement au niveau de leurs encastrements et sur tous les bois au contact des maçonneries.

Le nombre de puits ne doit pas être inférieur à 3 par mètres (33 cm entre 2 puits), la profondeur étant au moins les deux tiers de l'épaisseur des pièces.

Dans certains cas les huisseries, encastrements de solives, etc., ils est nécessaire qu'un ou plusieurs puits traversent, ici et là la pièce de bois, afin que le produit puisse se répandre entre le bois et la maçonnerie sous-jacente. Il faut surveiller à ce que les puits d'injection ne diminuent pas la résistance mécanique des pièces de bois de fiable section. Le produit de traitement contre le coniophore peut être introduit dans les puits, soit par remplissages répétés, soit sous pression à l'aide d'un matériel approprié. Il n'est pas nécessaire d'utiliser une forte pression ; les pressions élevées sont même à interdire, en raison de l'inflammabilité des produits utilisés et du risque de rejaillissement qui empêcherait l'imprégnation du bois dans ces fibres.

Traitement du coniophore en surface

Il consiste à déposer en surface, un produit fongicide en solvant organique à environ 300 g/m².